dimanche 26 juin 2016

Balades aux Açores

Coucou les amis, nous voici bientôt sur le départ des Açores où nous serons restés environ une vingtaine de jours pour visiter quelques-unes des 9 îles que compte l’archipel. Avant de partir pour Cadiz puis Gibraltar, mardi matin si la fenêtre météo se confirme, on vous écrit ces nouvelles et postons quelques-unes de nos photos.
La première semaine nous sommes restés sur l’île de Faial et sa capitale Horta, charmante petite ville animée dont l’activité principale est désormais la plaisance (pratiquement tous les bateaux qui traversent depuis les Caraïbes ou les Etats-Unis  s’arrêtent ici) et les safaris baleines après avoir été une place forte pour sa chasse jusqu’au milieu du XXème siècle. Après 2 voyages en Norvège et 1 en Islande pour en voir sans succès, nous avons enfin pu approcher ces grands mammifères marins de près. Nous avons eu la chance d’observer la baleine bleue, la plus grande et la plus menacée, des rorquals communs qui comme le nom l’indique sont assez fréquents et des baleines de Minke qui sont les plus petites… bref une superbe expérience !  Nous avons bien sûr passé beaucoup de temps et d’inoubliables moments avec Virginie, Laurent, Thomas et Janelle qui sont partis pour le Portugal, tenus par un calendrier plus contraignant que nous. Ils nous manquent déjà !

Rorquals communs à côté du zodiac!


Bricolage sous l'eau ou sur l'eau avec Laurent et son chat noir...bien planqué mais bien là le matou!


Le mythique café Peter, endroit absolument incontournable à Horta dont on a fait notre cantine.



La météo du jour, de la veille et sûrement du lendemain...


Nous aussi suivons la une tradition et laissons une éphémère trace de notre passage ici, comme tous ceux qui ont traversé... Il a une bonne bouille notre Sylvestre et il a vraiment assuré!


Sous le soleil c'est quand même plus sympa. Vous noterez quand même la veste et l'écharpe en cette mi-juin... Faut dire qu'après les Antilles on est devenu un poil frileux.

Traversée vers Sao Jorge avec le mont Pico en arrière plan.

Après Faial, nous avons navigué vers l’île de Sao Jorge jusqu’à son petit port de Velas. L’île est toute en longueur, peu développée et très sauvage. Une balade de toute beauté où nous avons profité de la gastronomie locale. Comme partout aux Açores il y a des vaches partout (3 par habitant en moyenne sur les îles) et donc du très bon fromage et du bœuf extra à un prix dérisoire… Avec le climat frais et nuageux la campagne a vraiment des airs de Normandie ou de Bretagne. C’est volcanique donc beaucoup plus vallonné pour ne pas dire montagneux mais quand même ça y ressemble beaucoup ; d’autant plus que d’interminables et magnifiques massifs d’hortensias poussent absolument partout et sont utilisés pour délimiter les parcelles. C’est très beau et si le soleil sort son nez les paysages sont incroyables.
Le village de Velas

 Visite de la fromagerie : Sosso est aux anges!

 Quelques paysages magnifiques...





Après 2 ou 3 jours sur Sao Jorge, cap sur Terceira. Après une nuit de navigation nous sommes arrivés au port de Angra de Heroismo, la capitale culturelle de l’île, en plein carnaval, c’était génial ! La ville est la plus belle des Açores et elle est d’ailleurs classée toute entière au patrimoine mondial de l’Unesco. La ville est très animée (carnaval oblige), très colorée et l’architecture 17-18ième hispanique très bien conservé. Nous avons visité l’île, elle aussi très belle, et avons profité chaque soir du carnaval, des concerts, des parades et des restaurants évidemment… Comment s’en priver lorsque l’on se régale de plats traditionnels ou d’un délicieux filet de bœuf accompagné d’une bouteille de vin pour moins de 35 euros à deux ! La culture est ici à la tauromachie et nous sommes assez surpris de la ferveur de la population pour cette tradition qui est ici l’identité même de l’île. En tout cas Terceira a été un vrai coup de cœur et si le climat n’était pas aussi ingrat aux Açores on se verrait bien vivre ici…
 La marina de Angra de Heroismo

 Le capitaine se régale avec un Alcatra de Boeuf à l'os à moelle, faudra faire une petite sieste après ça!

Les rues en fête dans la vielle ville


Quelques paysages de l'île



 Massif d'hortensias, il y en a partout

 Après midi spéléo au coeur des anciens tunnels de lave dans les volcans


Il y a 5 jours nous avons quitté Angra pour l’île de Sao Miguel à environ 100 miles au sud-est. Nous avons navigué vite car le vent soufflait assez fort et sommes du coup arrivés en pleine nuit après un malheureux événement. Même à bord d’un bateau l’accident domestique reste peut-être le principal danger et Sosso s’est ébouillantée le cou au 2ième degré et le visage au 1er degré juste avant d’arriver… Merci encore à Vincent, notre médecin du bout du monde, pour ses conseils et le kit de soin qu’il nous avait préparé. Malgré le passage par l’hôpital et les soins quotidien nous pouvons profiter de l’île car Sosso ne souffre plus et les brûlures ne sont pas trop graves et d’ici quelques semaines tout sera fini. En attendant elle joue la star qui voyage incognito avec son chapeau et ses lunettes de soleil… Ici encore le climat c’est pas ça mais pour une fois, et dans ces circonstances, cela nous arrange. Sao Miguel est l’île principale des Açores, la plus grande, la plus peuplée (env 140000 hab), la plus visitée et, bien que jolie, la moins charmante à nos yeux. Ici aussi nous avons loué une voiture et nous sommes baladés 2 jours dans cette île où l’on peut observer de nombreux phénomènes volcanique. Une bonne partie de l’électricité et d’ailleurs produite par la géothermie et les thermes sont une tradition sur Sao Miguel.

 Sosso la starlette, elle garde le sourire et reste forte en toute circonstance!



 Sources d'eau chaude au cœur de la caldeira en forêt. On fait des photos mais on va éviter la baignade chérie...

 Fumerolles et sources sulfureuses à Furnas

Visite de plantations de thé (les seules d'Europe à ce qu'on nous a dit).

Voilà, on espère que les photos vous plaisent et vous donneront envie de venir visiter ces belles îles (mais prenez des pulls !).

On vous embrasse et on vous dit à très vite, Sophie et Damien.

vendredi 10 juin 2016

La transat retour, des Bermudes aux Açores : on a dégusté!

Coucou à tous, nous sommes heureux de vous écrire à nouveau, enfin de retour sur terre ! Ca y est nous avons traversé à nouveau l’Atlantique et sommes arrivés à Horta, sur l’île de Faial aux Açores, mercredi 8 juin 2016 vers 22h heure locale. Pour être franc  nous étions soulagés que cela se termine après un peu plus de 16 jours de mer dans des conditions assez difficiles. On ne va pas se le cacher, comme on dit, « on a pris chère » !!
Cette traversée a été en effet beaucoup plus difficile que la transat allée, pourtant plus longue de presque 900 milles nautiques. Au départ des Bermudes, la fenêtre météo qui s’ouvrait été assez ventée avec 5-6 Beaufort de vent pendant les trois premiers jours. Nous avons bien avancé mais Sophie a été un peu malade à cause de l’état de la mer. Et pourtant, ce n’était qu’une mise en jambe par rapport à ce qui nous attendait…

3ième jour de mer, tout est parfait!


Au petit matin le quatrième jour, nous sommes tombés en panne de pilote automatique. C’est un élément clé qui barre et tient le cap qu’on lui donne en permanence en fonction du vent, du réglage des voiles et de la route que l’on souhaite suivre. Coté avarie donc, la perte du pilote rentre dans le top cinq des « grosses emmerdes ». Certes, une voie d’eau, un démâtage ou la perte de la direction (ou des safrans) est encore plus à craindre mais on croit pouvoir dire que la perte du pilote arrive juste après. Plus de pilote signifie qu’il faut, à chaque instant, 24h/24, quelqu’un à la barre pour tenir le cap. En pleine océan ce n’est pas simple car il n’y a aucun point de repère hormis les nuages ou les étoiles quand on en voit. On prend le vent et les embruns constamment dans le visage, la position n’est évidemment pas confortable et peut être carrément physique selon la force du vent et l’état de la mer… Il fait humide et froid, environ 10 à 17°C de température ressentie, et l’attention n’est jamais relâchée. Bref barrer des jours et des jours est littéralement épuisant. A trois ou 4 équipiers à bord cette avarie aurait pu être seulement très inconfortable mais nous ne sommes que 2. Sophie et moi tournions toute les 1h30, car au-delà on finissait par barrer n’importe comment,  jour et nuit. Plus de repas en commun, plus de lecture, plus de films, plus de pêche ou tout autre activité détente  et surtout plus de repos. En quittant son quart, on se change, on boit ou on mange quelque chose, on va aux WC puis on fait un brin de toilette et déjà il faut faire le journal de bord, récupérer et analyser la météo transmise par le routeur et faire un réglage ou un changement de voile. Si on a de la chance on s’allonge 25 minutes sans pouvoir dormir tant la pression et la fatigue accumulée sont grandes et que l’on a déjà à l’esprit qu’il va bientôt falloir prendre la relève…Pour faire court, c’est un cauchemar !

5ième jour de mer, plus de pilote depuis 36h, on essai de garder le moral et le sourire sachant qu'il nous reste environ 10 jours à tenir. 

Fait beau, mais ça caille!

Sosso dans son quart à la barre, elle claque des dents mais elle assure : c'est du solide...


Après deux jours on était déjà exténué. Si l’état de la mer le permettait on affalait les voiles la nuit et nous laissions dériver au gré du vent et des courants au milieu de l’océan pour dormir 3-4 heures, reprendre des forces, et ainsi tenir moralement. Pendant un peu plus de 6 jours nous avons serré les dents mais, grâce au téléphone satellite et à l’aide immense de Christian et du SAV du fabricant, nous avons réussi à réparer le pilote. Le dixième jour de mer et après 6 jours à barrer non-stop, entendre à nouveau fonctionner le vérin et pouvoir lâcher la barre a été un moment de joie indescriptible. Je ne sais plus si l’on s’est d’abord mis à rire avant de pleurer ou l’inverse mais ce moment restera gravé pour longtemps dans nos mémoires. Nous avons fêté ça au champagne puis nous avons dormi, beaucoup, et avons fait un festin en amoureux le soir même. Nous avons repris notre routine de traversée habituelle avec des quarts de 3 heures la nuit, lovés au chaud dans le carré pour tenir la veille, et avons à nouveau profité de nos lectures ou d’un bon film. Quelques soient les conditions on ne se plaignait plus de rien, trop heureux d’être tranquille. D’une certaine manière nous avons eu pas mal de chance car, d’une part nous avons pu réparer, et d’autre part la météo n’a pas été difficile pendant ces 6 jours ce qui n’a pas n’a pas duré longtemps une fois le pilote retrouvé. En effet les conditions se sont véritablement musclées sur la deuxième partie de la traversée avec souvent une houle très grosse et pas mal de vent.

10ième jour de mer, on a un Pilote!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Plus détendu le Cap'taine

Voiles en ciseaux ça déroule

Le douzième jour nous avons pris une grosse dépression alors que nous étions pourtant sur une route assez sud vers le 34ième degré de latitude nord. Les fichiers gribs annonçaient 25-35 nœuds de vent et 1005 hpa. En réalité le baro est descendu à 986hpa et pendant 48h nous avons été vraiment malmenés. Le vent est monté, monté, monté… 30 nœuds établit, puis 35, 40 et enfin 45 nœuds établit lundi 6 juin entre 13h et 18h. Les rafales ont atteint  pendant de brefs instant 50 nœuds soit force 9-10. Les vagues, très courtes entre 4 et 6m de haut, encerclaient et s’abattaient sur Sylvestre avec des bruits assourdissants et très peu rassurants. D’immenses lames déferlaient dans un brouillard d’écume et donnaient à la mer une couleur blanche ou bleu glace. Là encore nous avons serré les dents, restant cul au vent et à la houle qui nous poussaient dans des surfs entre 10 et 15 nœuds de vitesse malgré les voiles réduites au maximum. On a enfourné « tout ce qu’on pouvait » mais le bateau a tenu bon et nous avons eu la chance de ne rien casser ce qui n’a pas été le cas pour la majorité des bateaux rencontrés aux Acores. On nous a dit que ces conditions étaient anormales en juin… sûrement mais ce qui est certain c’est que cette traversée entre les Bermudes et les Açores reste très exigeante et l’aller était finalement presque une promenade de santé en comparaison…

15ième jour de mer, la tempête est passée, le soleil est revenu et Sosso est rassurée que l'épisode ne se soit pas soldé par "une crêpe" avec le bateau.

Arrivée sur Faial en fin de journée le 8/06/2016 : Yesssss!


Enfin : « ça c’est fait » comme dirait Boss ! On va maintenant rester un peu tranquille au port pendant quelques jours. Le temps n’est, depuis notre arrivée, pas très beau avec du brouillard et un peu de pluie mais nous sommes à quai, avec eau et électricité à volonté et pleins de choses à faire. Des lessives, mettre de l’ordre dans le chaos qui règne à bord, prendre de longues douches chaudes et surtout profiter d’être avec nos amis pour passer du bon temps. Nous sommes ici en terre Portugaise ce qui veut dire accueil chaleureux, bons vins, bonne gastronomie et des tarifs très bas… le soleil, après 6 mois dans les Caraïbes, n’est pas la priorité absolue. Pendant la traversée nous avons vu pas mal de dauphins et une baleine à une cinquantaine de mètres sur l’arrière tribord du bateau. C’était un spectacle magnifique et nous aimerions bien en observer d’autres. Comme les Açores sont réputées pour la présence de baleines et de cachalots nous ferons après demain une excursion guidée et espérons pouvoir mettre de belles photos sur le blog. Il faut reconnaître que nous n'avons pas vraiment eu le temps ou l'envie de faire des photos pendant cette aventure...on va rattraper le retard.

Après nous ferons un peu de tourisme sur ces îles puis reprendrons la mer direction Gibraltar. A suivre…
On vous embrasse tous très fort,

Sophie et Damien.