Coucou à tous, nous sommes
heureux de vous écrire à nouveau, enfin de retour sur terre ! Ca y
est nous avons traversé à nouveau l’Atlantique et sommes arrivés à Horta, sur l’île
de Faial aux Açores, mercredi 8 juin 2016 vers 22h heure locale. Pour être
franc nous étions soulagés que cela se
termine après un peu plus de 16 jours de mer dans des conditions assez difficiles.
On ne va pas se le cacher, comme on dit, « on a pris chère » !!
Cette traversée a été en effet
beaucoup plus difficile que la transat allée, pourtant plus longue de presque
900 milles nautiques. Au départ des Bermudes, la fenêtre météo qui s’ouvrait
été assez ventée avec 5-6 Beaufort de vent pendant les trois premiers jours.
Nous avons bien avancé mais Sophie a été un peu malade à cause de l’état de la
mer. Et pourtant, ce n’était qu’une mise en jambe par rapport à ce qui nous attendait…
3ième jour de mer, tout est parfait!
Au petit matin le quatrième jour,
nous sommes tombés en panne de pilote automatique. C’est un élément clé qui
barre et tient le cap qu’on lui donne en permanence en fonction du vent, du
réglage des voiles et de la route que l’on souhaite suivre. Coté avarie donc,
la perte du pilote rentre dans le top cinq des « grosses emmerdes ».
Certes, une voie d’eau, un démâtage ou la perte de la direction (ou des
safrans) est encore plus à craindre mais on croit pouvoir dire que la perte du
pilote arrive juste après. Plus de pilote signifie qu’il faut, à chaque
instant, 24h/24, quelqu’un à la barre pour tenir le cap. En pleine océan ce n’est
pas simple car il n’y a aucun point de repère hormis les nuages ou les étoiles
quand on en voit. On prend le vent et les embruns constamment dans le visage,
la position n’est évidemment pas confortable et peut être carrément physique selon
la force du vent et l’état de la mer… Il fait humide et froid, environ 10 à
17°C de température ressentie, et l’attention n’est jamais relâchée. Bref
barrer des jours et des jours est littéralement épuisant. A trois ou 4 équipiers
à bord cette avarie aurait pu être seulement très inconfortable mais nous ne
sommes que 2. Sophie et moi tournions toute les 1h30, car au-delà on finissait
par barrer n’importe comment, jour et
nuit. Plus de repas en commun, plus de lecture, plus de films, plus de pêche ou
tout autre activité détente et surtout
plus de repos. En quittant son quart, on se change, on boit ou on mange quelque
chose, on va aux WC puis on fait un brin de toilette et déjà il faut faire le
journal de bord, récupérer et analyser la météo transmise par le routeur et
faire un réglage ou un changement de voile. Si on a de la chance on s’allonge
25 minutes sans pouvoir dormir tant la pression et la fatigue accumulée sont
grandes et que l’on a déjà à l’esprit qu’il va bientôt falloir prendre la
relève…Pour faire court, c’est un cauchemar !
5ième jour de mer, plus de pilote depuis 36h, on essai de garder le moral et le sourire sachant qu'il nous reste environ 10 jours à tenir.
Fait beau, mais ça caille!
Sosso dans son quart à la barre, elle claque des dents mais elle assure : c'est du solide...
Après deux jours on était déjà
exténué. Si l’état de la mer le permettait on affalait les voiles la nuit et
nous laissions dériver au gré du vent et des courants au milieu de l’océan pour
dormir 3-4 heures, reprendre des forces, et ainsi tenir moralement. Pendant un
peu plus de 6 jours nous avons serré les dents mais, grâce au téléphone
satellite et à l’aide immense de Christian et du SAV du fabricant, nous avons
réussi à réparer le pilote. Le dixième jour de mer et après 6 jours à barrer non-stop,
entendre à nouveau fonctionner le vérin et pouvoir lâcher la barre a été un
moment de joie indescriptible. Je ne sais plus si l’on s’est d’abord mis à rire
avant de pleurer ou l’inverse mais ce moment restera gravé pour longtemps dans
nos mémoires. Nous avons fêté ça au champagne puis nous avons dormi, beaucoup,
et avons fait un festin en amoureux le soir même. Nous avons repris notre
routine de traversée habituelle avec des quarts de 3 heures la nuit, lovés au
chaud dans le carré pour tenir la veille, et avons à nouveau profité de nos
lectures ou d’un bon film. Quelques soient les conditions on ne se plaignait
plus de rien, trop heureux d’être tranquille. D’une certaine manière nous avons
eu pas mal de chance car, d’une part nous avons pu réparer, et d’autre part la
météo n’a pas été difficile pendant ces 6 jours ce qui n’a pas n’a pas duré
longtemps une fois le pilote retrouvé. En effet les conditions se sont
véritablement musclées sur la deuxième partie de la traversée avec souvent une
houle très grosse et pas mal de vent.
10ième jour de mer, on a un Pilote!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Plus détendu le Cap'taine
Voiles en ciseaux ça déroule
Le douzième jour nous avons pris
une grosse dépression alors que nous étions pourtant sur une route assez sud
vers le 34ième degré de latitude nord. Les fichiers gribs annonçaient
25-35 nœuds de vent et 1005 hpa. En réalité le baro est descendu à 986hpa et pendant
48h nous avons été vraiment malmenés. Le vent est monté, monté, monté… 30 nœuds
établit, puis 35, 40 et enfin 45 nœuds établit lundi 6 juin entre 13h et 18h.
Les rafales ont atteint pendant de brefs
instant 50 nœuds soit force 9-10. Les vagues, très courtes entre 4 et 6m de
haut, encerclaient et s’abattaient sur Sylvestre avec des bruits assourdissants
et très peu rassurants. D’immenses lames déferlaient dans un brouillard d’écume
et donnaient à la mer une couleur blanche ou bleu glace. Là encore nous avons serré
les dents, restant cul au vent et à la houle qui nous poussaient dans des surfs
entre 10 et 15 nœuds de vitesse malgré les voiles réduites au maximum. On a
enfourné « tout ce qu’on pouvait » mais le bateau a tenu bon et nous
avons eu la chance de ne rien casser ce qui n’a pas été le cas pour la majorité
des bateaux rencontrés aux Acores. On nous a dit que ces conditions étaient
anormales en juin… sûrement mais ce qui est certain c’est que cette traversée
entre les Bermudes et les Açores reste très exigeante et l’aller était
finalement presque une promenade de santé en comparaison…
15ième jour de mer, la tempête est passée, le soleil est revenu et Sosso est rassurée que l'épisode ne se soit pas soldé par "une crêpe" avec le bateau.
Arrivée sur Faial en fin de journée le 8/06/2016 : Yesssss!
Enfin : « ça c’est fait »
comme dirait Boss ! On va maintenant rester un peu tranquille au port
pendant quelques jours. Le temps n’est, depuis notre arrivée, pas très beau
avec du brouillard et un peu de pluie mais nous sommes à quai, avec eau et électricité
à volonté et pleins de choses à faire. Des lessives, mettre de l’ordre dans le chaos
qui règne à bord, prendre de longues douches chaudes et surtout profiter d’être
avec nos amis pour passer du bon temps. Nous sommes ici en terre Portugaise ce
qui veut dire accueil chaleureux, bons vins, bonne gastronomie et des tarifs
très bas… le soleil, après 6 mois dans les Caraïbes, n’est pas la priorité
absolue. Pendant la traversée nous avons vu pas mal de dauphins et une baleine
à une cinquantaine de mètres sur l’arrière tribord du bateau. C’était un spectacle
magnifique et nous aimerions bien en observer d’autres. Comme les Açores sont
réputées pour la présence de baleines et de cachalots nous ferons après demain
une excursion guidée et espérons pouvoir mettre de belles photos sur le blog. Il faut reconnaître que nous n'avons pas vraiment eu le temps ou l'envie de faire des photos pendant cette aventure...on va rattraper le retard.
Après nous ferons un peu de tourisme sur ces îles puis reprendrons la mer
direction Gibraltar. A suivre…
On vous embrasse tous très fort,
Sophie et Damien.







Vous avez gagné vos galons d'"AMIRAUX DE CROISIERE !"
RépondreSupprimerVous avez gagné vos galons d'"AMIRAUX DE CROISIERE !"
RépondreSupprimerSalut les amis
RépondreSupprimerJe suis sans relâche votre passionnante aventure
Celle-ci en particulier fut saisissante ! Et le mot est faible...
Vous nous manquez ici
J'espère que vous vous reposez bien
À très bientôt je l'espère
Bravo, la traversée en Cata c'est clairement du sport.
RépondreSupprimerFélicitations et à très vite pour avoir le détail de vos palpitantes aventures.