lundi 11 juillet 2016

Fin de transat, Gibraltar a une saveur particulière...

Coucou à tous ! Ca y est nous sommes revenus sur le vieux continent après 8 jours de mer pour ce qui a été notre dernière partie de transatlantique retour. Encore un peu plus de 1000 milles nautiques pour relier Ponta Delgada, sur l’île de Sao Miguel aux Açores, à Malaga en Espagne. Pour ceux qui suivent attentivement nos récits ils auront remarqué que le plan de navigation a été un peu adapté… Initialement nous visions Cadix, sur la côte Atlantique sud de l’Espagne, juste au nord de Gibraltar, mais à l’approche du continent la météo était favorable environ 2 jours pour passer le détroit et nous avons donc fait l’impasse sur « la belle »… et visé directement la méditerranée.

Le cap'tain en train de recoudre le génois en transat...mer calme profitons-en!

Pour cette traversée les conditions ont plutôt été bonnes côté vent avec du NNE pratiquement tout le long entre 15 et 25 nœuds. Seule la houle nous a, le bateau et nous, un peu épuisée. On se serait cru en méditerranée un jour de fort Mistral. En permanence, des vagues très courtes entre 2m à 2.5m de creux par le travers ! Dans ces conditions, ça tape, ça craque, ça grince dans tous les sens et sous le choc nous avons vu des vagues passer par-dessus le bimini et finir dans la grand-voile ! Rien de très impressionnant comparé aux vagues de 5 à 6m vues entre les Bermudes et les Açores mais celles-là mouillaient plus bizarrement, d’autant que le bateau enfournait à chaque vague. Sinon le lot habituel de petits tracas techniques qui viennent vous plomber le moral en transat. On est parti la première fois de Ponta Delgada mardi 28 juin et avons dû faire demi-tour à cause des haubans. C’est important les haubans, si si c’est important : ça tient le mât ! Nous sommes repartis le 30 après avoir réglé ce détail. Ensuite, un peu d’accastillages cassé, après plus de 10000 milles il faut s’y attendre, la grand-voile qui s’est décrochée et est tombée sur le pont, le pilote automatique qui a refait des caprices (mais pas longtemps il a été sympa…), une petite déchirure dans le génois et de l’eau en quantité non négligeable dans les cales pendant 2 jours tellement le bateau se faisait rincer et enfournait. Ce dernier point est très agaçant car déjà qu’on ne dort pas beaucoup quand les conditions se musclent mais là en plus il faut pomper toute les heures ce que la pompe auto ne peut pas atteindre, faute d’entendre une alarme à réveiller les morts hurler en permanence… Enfin une fois passé le cap Saint Vincent à l’extrémité sud-ouest du Portugal, les conditions ont été très calmes et la météo a changé radicalement ; le soleil et les températures estivales étaient de nouveau au rendez-vous. A l’approche du détroit, après 7 jours de mer, nous avons aperçu les côtes au couché du soleil et le spectacle a été superbe lorsque le cap de Trafalgar, côté Espagnole, et Tanger sur les côtes Marocaines, se sont dessinées dans des teintes d’orange et de violine au milieu d’un nombre absolument phénoménal de dauphins et de cargos. C’est étrange comme le détroit offre un décor si nature et sauvage qui tranche avec les immenses masses métalliques rouillées des cargos, cela donne une atmosphère assez particulière plutôt plaisante et étrangement belle, à croire que tous ces navires de commerce sont à leur place ici…
Les côtes Marocaines vers Gibraltar

Gibraltar est passé!

Nous avons avalé les 20 milles du détroit à pratiquement 9 nœuds de vitesse ! Pas de vent mais le courant de marée a frôlé les 4 nœuds et autant vous dire qu’il vaut mieux éviter de tomber à l’eau dans ce maelström ! 
Une fois de l’autre côté, nous avons ressenti toutes sortes d’émotions. Un petit soulagement d’abord étant donné que désormais nous serons en navigation côtière. De l’excitation aussi à l’idée de retrouver nos amis Laurent et Virginie qui nous ont attendus à Malaga. Depuis 3 jours ont fait de nouveau la bringue! 

Retour sur la terre ferme, direction un bar!




Pourtant Gibraltar apporte également de la nostalgie et la pointe de tristesse qui l’accompagne car au fond de nous le voyage se termine avec Gibraltar. Désormais, les quelques jours qui nous reste pour remonter le long de la côte Espagnole n’aurons plus la saveur de la découverte. Une page de cette aventure se tourne et nous en sommes à l’épilogue, la prochaine fois que vous lirez quelques lignes sur ce blog Sylvestre sera de nouveau amarré à Rosas…

On vous embrasse tous et à très vite désormais.





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