Coucou à tous ! Ca y est nous sommes revenus sur le
vieux continent après 8 jours de mer pour ce qui a été notre dernière partie de
transatlantique retour. Encore un peu plus de 1000 milles nautiques pour relier
Ponta Delgada, sur l’île de Sao Miguel aux Açores, à Malaga en Espagne. Pour
ceux qui suivent attentivement nos récits ils auront remarqué que le plan de
navigation a été un peu adapté… Initialement nous visions Cadix, sur la côte
Atlantique sud de l’Espagne, juste au nord de Gibraltar, mais à l’approche du
continent la météo était favorable environ 2 jours pour passer le détroit et
nous avons donc fait l’impasse sur « la belle »… et visé directement
la méditerranée.
Le cap'tain en train de recoudre le génois en transat...mer calme profitons-en!
Pour cette traversée les conditions ont plutôt été bonnes côté
vent avec du NNE pratiquement tout le long entre 15 et 25 nœuds. Seule la houle
nous a, le bateau et nous, un peu épuisée. On se serait cru en méditerranée un
jour de fort Mistral. En permanence, des vagues très courtes entre 2m à 2.5m de
creux par le travers ! Dans ces conditions, ça tape, ça craque, ça grince
dans tous les sens et sous le choc nous avons vu des vagues passer par-dessus le
bimini et finir dans la grand-voile ! Rien de très impressionnant comparé
aux vagues de 5 à 6m vues entre les Bermudes et les Açores mais celles-là
mouillaient plus bizarrement, d’autant que le bateau enfournait à chaque
vague. Sinon le lot habituel de petits tracas techniques qui viennent vous plomber
le moral en transat. On est parti la première fois de Ponta Delgada mardi 28
juin et avons dû faire demi-tour à cause des haubans. C’est important les
haubans, si si c’est important : ça tient le mât ! Nous sommes repartis
le 30 après avoir réglé ce détail. Ensuite, un peu d’accastillages cassé, après
plus de 10000 milles il faut s’y attendre, la grand-voile qui s’est décrochée
et est tombée sur le pont, le pilote automatique qui a refait des caprices
(mais pas longtemps il a été sympa…), une petite déchirure dans le génois et de
l’eau en quantité non négligeable dans les cales pendant 2 jours tellement le bateau
se faisait rincer et enfournait. Ce dernier point est très agaçant car déjà qu’on
ne dort pas beaucoup quand les conditions se musclent mais là en plus il faut
pomper toute les heures ce que la pompe auto ne peut pas atteindre, faute d’entendre
une alarme à réveiller les morts hurler en permanence… Enfin une fois passé le
cap Saint Vincent à l’extrémité sud-ouest du Portugal, les conditions ont été
très calmes et la météo a changé radicalement ; le soleil et les températures
estivales étaient de nouveau au rendez-vous. A l’approche du détroit, après 7
jours de mer, nous avons aperçu les côtes au couché du soleil et le spectacle a
été superbe lorsque le cap de Trafalgar, côté Espagnole, et Tanger sur les
côtes Marocaines, se sont dessinées dans des teintes d’orange et de violine au
milieu d’un nombre absolument phénoménal de dauphins et de cargos. C’est
étrange comme le détroit offre un décor si nature et sauvage qui tranche avec
les immenses masses métalliques rouillées des cargos, cela donne une atmosphère
assez particulière plutôt plaisante et étrangement belle, à croire que tous ces
navires de commerce sont à leur place ici…
Les côtes Marocaines vers Gibraltar
Nous avons avalé les 20 milles du détroit à pratiquement 9 nœuds
de vitesse ! Pas de vent mais le courant de marée a frôlé les 4 nœuds et
autant vous dire qu’il vaut mieux éviter de tomber à l’eau dans ce maelström !
Une fois de l’autre côté, nous avons ressenti toutes sortes d’émotions. Un
petit soulagement d’abord étant donné que désormais nous serons en navigation côtière.
De l’excitation aussi à l’idée de retrouver nos amis Laurent et Virginie qui
nous ont attendus à Malaga. Depuis 3 jours ont fait de nouveau la bringue!
Retour sur la terre ferme, direction un bar!
Pourtant Gibraltar apporte également de la nostalgie et la pointe de tristesse qui l’accompagne car au fond de nous le voyage se termine avec Gibraltar. Désormais, les quelques jours qui nous reste pour remonter le long de la côte Espagnole n’aurons plus la saveur de la découverte. Une page de cette aventure se tourne et nous en sommes à l’épilogue, la prochaine fois que vous lirez quelques lignes sur ce blog Sylvestre sera de nouveau amarré à Rosas…
On vous embrasse tous et à très vite désormais.





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